Paris récompensée pour l’opération Tri en Seine

Au nom de la ville de Paris, j’ai eu le plaisir de recevoir un prix Territoria, décerné par un jury présidé par la ministre de la cohésion sociale et des relations avec les collectivités territoriales, pour le projet Tri en Seine.

C’est une nouvelle manière d’organiser la logistique des déchets et des encombrants qui est récompensée !

Pour en savoir plus sur ce qu’est Tri en Seine, rendez-vous sur cet article de septembre dernier : Tri en Seine, expérimenter une nouvelle logistique de transport des déchets via le fleuve.

Podcast : en quoi les coopératives permettent-elles de lier économie et démocratie ?

Mon point de vue dans le podcast La Mairie, qui met en lumière les initiatives qui transforment la vie citoyenne. La parole y est donnée à des personnalités politiques, ainsi que du monde des entreprises ou des associations.

Cette semaine c’est donc à mon tour d’avoir une demi-heure pour parler d’économie sociale et solidaire, dans un format audio que j’aime beaucoup. ⤵️

4,8 millions pour l’insertion par l’emploi

Au Conseil de Paris de mars, un ordre du jour chargé pour l’économie solidaire et circulaire. Retrouvez ci-dessous en vidéo et en images les délibérations que j’ai portées.

Avec en particulier le vote de 4,8 millions d’euros pour financer des emplois en insertion, destinés à des bénéficiaires du RSA, à des jeunes faiblement qualifiés, à des seniors en reconversion ou à des personnes en situation de handicap notamment.

Entretien pour résilience commune : l’union des écolos et de la gauche est indispensable pour 2022

Florentin Letissier, vous êtes actuellement Maire-adjoint à l’Economie Sociale et Solidaire à Paris, militant à EELV ; pourriez-vous retracer votre parcours politique jusqu’ici ?

J’ai toujours adoré la politique, depuis que je suis enfant, j’ai toujours aimé l’engagement. Dans ma commune de St Sébastien sur Loire j’étais au conseil municipal des enfants, j’étais alors en CM2. J’ai toujours aimé m’impliquer dans des projets concrets. Gamin, je regardais déjà les questions au gouvernement. Pourtant mes parents ne sont pas encartés. Je viens d’une famille d’enseignants de gauche. Mais c’est quelque chose que j’ai en moi depuis longtemps.

Je me suis politisé plus fortement lors de mes études supérieures, lors de la loi sur l’autonomie des universités notamment. J’étais à Sciences Po Bordeaux et il y avait alors des blocages sur le campus. J’étais un étudiant de gauche engagé notamment dans le syndicalisme étudiant. Déjà à cette époque, ce que je n’aimais pas c’était le sectarisme, je l’ai retrouvé très tôt dans les mouvements de jeunesse. Cette idée qu’il y a une ligne et qu’il faut répéter ça en boucle. J’ai toujours eu un problème avec ces fonctionnements trop sectaires, trop dogmatiques.

C’est en préparant mes concours pour devenir professeur que j’ai eu un déclic sur l’écologie. J’ai beaucoup lu Alain Lipietz et des ouvrages du courant de l’école de la régulation. Lipietz est un grand économiste de la régulation, mais qui apporte aussi la dimension écologique : le fait de penser économie et écologie ensemble, dans le cadre d’un système cohérent et alternatif. J’ai donc passé mon concours, j’ai fait un an de stage en Poitou Charentes et je suis arrivé à Paris pour mon premier poste dans l’Essonne. J’adhère alors à EELV où milite dans le groupe local du 14ème, je travaille deux trois sujets, notamment celui de l’écoquartier de St Vincent de Paul qui deviendra par la suite les Grands Voisins.

En 2014, il y a eu les municipales, je voulais être sur la liste, j’ai très tôt voulu être élu et je l’assume. Beaucoup d’écologistes ont une fibre très associative ; je considère que les associations sont fondamentales mais ça n’est pas là que je me sens à la place. J’aime bien le fait que, en militant dans un parti, il faut être à 360° sur tous les sujets, produire de la doctrine mais aussi être très concret et opérationnel. Je me retrouve en deuxième position sur la liste, et je suis donc élu adjoint à la mairie du 14ème. Je n’aurais jamais imaginé être élu à Paris, mais le concours de circonstances m’a mené là. En 2020 c’est assez naturellement que j’ai mené la liste dans le 14èmearrondissement, et que de fil en aiguille je me suis retrouvé adjoint en mairie centrale sur les questions d’ESS qui figuraient déjà dans mon portefeuille lorsque j’étais adjoint dans le 14ème.

Voilà pour les moments importants. Mais j’ai toujours tenu à avoir une activité professionnelle indépendante de la politique, je ne voulais pas dépendre de la politique pour vivre, pour rester libre. Bien que ça ne soit pas toujours facile de trouver une activité professionnelle compatible avec un engagement politique fort.

Actuellement en tant qu’adjoint, vous avez une délégation sur l’ESS. Comment l’ESS peut être pensé à la fois à l’échelle locale et nationale ?

C’est beaucoup une question de compétence. La compétence économique n’est pas très présente à l’échelle municipale. Le département s’occupe du RSA, de certains dispositifs d’insertion par l’activité économique…Paris est une collectivité à statut particulier, ville et département à la fois, donc nous avons accès à des outils d’insertion par l’activité économique par exemple. On n’a pas du tout cela au niveau de l’arrondissement.Il faut aussi dialoguer avec la région qui a des compétences sur beaucoup d’aides économiques, même si ça n’est pas toujours facile lorsque la région est d’un autre bord politique. Néanmoins nous avons conclu une convention cadre avec la région qui nous permet d’avoir plus de liberté, d’aller plus loin dans les actions liées à l’ESS.

Au niveau de l’Etat, c’est les grands moyens, il y a les budgets des ministères qu’il faut aller chercher sur des appels à projet, au niveau de l’ADEME par exemple. Il ne faut pas se laisser enfermer par ses compétences locales, ne pas hésiter à faire du plaidoyer, y compris sur le plan législatif, pour demander des évolutions. C’est très important. Lorsque je rencontre Olivia Grégoire, secrétaire d’Etat en charge de l’ESS, par exemple, je lui parle également de fiscalité, de décentralisation. Il faut aller chercher de l’argent pour les acteurs économiques, où nous le pouvons, donc aussi au niveau de l’Etat et cela sans tergiverser sur le fait qu’il s’agit d’un gouvernement LREM ou autre.

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Réinventer la planification : locale, écologique et solidaire. Notre chemin pour Paris.

Durant soixante ans, de 1946 à 2006, le commissariat général au Plan fut au cœur de l’élaboration de la planification à la française. Elle ne peut évidemment se confondre avec les planifications de type soviétique, qui se caractérisent, des versions les plus totalitaires aux tentatives de réformes comme celle portée par Oskar Lange, par la toute-puissance d’un Etat chargé de déterminer les quantités de production et les prix, hors de tout mécanisme réel de marché où offre et demande peuvent se rencontrer librement.

La planification à la française, celle de Jean Monnet qui fut le premier commissaire au Plan à partir de 1945, est indicative et incitative, et consiste en une étroite coordination entre administrations publiques et grandes entreprises privées, autour d’objectifs de production dans des secteurs jugés stratégiques. Entre 1946 et 1992, ce sont dix plans qui se sont succedés dans des domaines variés tels que l’énergie, l’agriculture, les transports, l’industrie, l’aménagement du territoire…

Les plans ont contribué à transformer profondément le tissu économique français, pour le meilleur (développement du transport ferroviaire, par exemple) comme pour le pire avec le déploiement du nucléaire devenu progressivement énergie hégémonique, nous compliquant largement la tâche pour aujourd’hui en sortir. Ils ont en tout cas donné des directions claires, guidant l’économie nationale, créant des emplois, des formations, des infrastructures. Les multiples crises que nous traversons aujourd’hui appellent à reprendre des logiques de planification et à les inscrire au coeur des dispositifs de relance, pour aller clairement et de manière ordonnée vers un modèle de développement qui concilie la nécessité de créer des millions d’emplois, tout en luttant contre le dérèglement climatique. Le plan, c’est aussi le retour en force de l’intervention publique et de la régulation des marchés, à l’heure où le néolibéralisme achève de nous montrer ses effets néfastes. Il ne peut se résumer à des actes symboliques, tel la remise sur pied par l’actuel gouvernement d’un Haut-commissaire au plan, sans véritable vision stratégique ni moyens pour agir. Il doit enclencher des transformations structurelles de notre économie. La planification du 21e siècle doit être avant tout locale, écologique et solidaire. C’est mon ambition pour Paris.

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Montparnasse : les impasses de la shopping city

Le devenir du quartier Montparnasse est un enjeu majeur d’urbanisme pour le 14ème arrondissement et pour Paris. Voire même, un enjeu métropolitain, tant les flux de populations y sont importants. Il est en effet des quartiers où celles et ceux qui y habitent sont moins nombreux que celles et ceux qui y passent. Flux de voyageurs fréquentant la 4ème gare de France et les nombreuses lignes de métro et trains régionaux qui y passent, salariés travaillant dans les immeubles de la fameuse tour et dans les bâtiments aux alentours, touristes et francilienn-e-s fréquentant les centres commerciaux, restaurants, cafés, théâtres, cinémas…Chaque jour, quelques centaines de milliers de personnes passent à Montparnasse.

Dès lors, la double question à la base de tout projet d’urbanisme se complexifie : qui fait la ville, et pour qui ?

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Quel avenir pour EELV ?

Tout vient d’une conviction et d’un constat : nous restons la force politique porteuse de l’écologie en France, mais nous devons sortir de la spirale de l’échec.

Ma conviction est qu’il nous faut reconstruire un mouvement écolo fort. La prise de conscience écologique progresse dans les programmes politiques des partis de gauche mais sans remise en cause réelle de la croissance. Nous pouvons être, nous devons être le parti de la post-croissance capable de donner un débouché politique à toutes les personnes, et à toutes les initiatives, associatives, syndicales, locales ou nationales qui se reconnaissent dans le projet de société de l’écologie politique. Pour paraphraser Naomi Klein, tout peut changer et tout doit changer !

Aujourd’hui EELV doit tourner la page de la séquence écoulée et nous devons tirer les leçons de nos échecs. La présidentielle est le dernier en date : que ce soit du point de vue électoral ou même en terme de confiance, l’alliance avec Benoît Hamon a été un échec. Nous n’avons même pas été remboursés des 200 000 euros que nous devions toucher en échange du retrait de Yannick Jadot. Pourtant, notre espace politique existe toujours. Il nous a permis de résister aux législatives. C’est sur ce socle que doit se centrer la reconstruction de notre parti écolo en vue des échéances de 2019 et 2020 : les européennes et les municipales. Global, local, EELV doit être au rendez-vous.

Pour les temps à venir, pour exister à nouveau fortement dans le paysage politique chamboulé de l’après présidentielle et législatives, nous avons besoin d’un cap. Chacun-e a sa vision de ce que peut être ce cap. C’est tout l’intérêt d’un congrès des écologistes : en débattre et en décider. Dans la clarté des positions de chacun-e.

A mon sens, une nouvelle dynamique d’EELV n’est possible que si nous envoyons un signal clair qui fera dire : oui les écolos prennent un nouveau départ, oui ils savent où ils vont.

Le congrès est le bon outil pour envoyer ce message de clarification politique. Certes le congrès comme toute délibération démocratique produit du clivage.

Mais nous pouvons réussir un congrès utile, avec des motions reflétant de réels clivages de fond et de stratégie, et non simplement des antagonismes de personnes. Cela ne dépend que de nous. Certain-e-s écolos pensent à un rapprochement avec le mouvement de Benoît Hamon. C’est tout à fait respectable, mais en ce qui me concerne, je dis que ce serait une erreur, pour les raisons électorales et de confiance évoquées plus haut, mais aussi parce que le M1717 n’a pas rompu avec le parti socialiste. En tant qu’élu à Paris, je le vois bien : les hamonistes soutiennent sans réserve Anne Hidalgo alors que nous écolos, portons clairement une parole spécifique au sein de la majorité municipale, régulièrement critique des orientations de la Maire de Paris, encore récemment à propos de la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques. D’autres défendent peut-être un dialogue privilégié avec la France Insoumise. Ce n’est pas mon cas. Notre écologie est plus décentralisée, et ne dépend pas de la figure de l’homme providentiel. Aujourd’hui, notre parti doit sortir du suivisme et redevenir attractif !

Nous devons continuer à discuter avec tous ces mouvements politiques, dans un état d’esprit ouvert et bienveillant  mais sans nous laisser dévier de notre trajectoire de refondation. Nous avons du temps d’ici aux prochaines élections, prenons ce temps pour clarifier nos orientations, revenir sur le devant de la scène politique. Nous serons utiles en étant forts et autonomes.

Le parti vert a encore un avenir. Nous sommes affaiblis mais nous avons encore de réelles forces : des militant-e-s présents sur tout le territoire, une identité écolo reconnue dans l’opinion. Sur ce socle, à partir de ce que nous sommes aujourd’hui, nous pouvons construire les victoires de l’écologie politique de demain.