Pour sortir de l’économie du gaspillage, il y a urgence à donner davantage de moyens aux collectivités locales

Notre système économique produit des quantités croissantes de déchets que nous devons impérativement réduire et valoriser dans les filières de l’économie circulaire, notamment celle du réemploi solidaire pourvoyeur d’emplois locaux et de lien social. Les collectivités locales l’ont compris et soutiennent ce virage. Mais sous la présidence Macron, elles sont restées bien seules.

Voici plus de 100 ans que nous avons trouvé dans l’enfouissement et l’incinération le moyen de gérer les quantités de déchets grandissantes que nous produisons à mesure que nous consommons. Aujourd’hui, les poubelles débordent : chaque français.e produit en moyenne 4 tonnes de déchets par an, l’équivalent du poids de quatre voitures !

Pourtant nous savons que nous ne pouvons plus nous permettre de gaspiller les ressources de notre planète. Enfouir et brûler des déchets, c’est faire disparaître des matières et matériaux qui ont mis jusqu’à des milliers d’années à se constituer, et c’est se priver de ressources ou d’objets que nous savons maintenant réutiliser, en les réemployant ou les réparant.

Avec l’économie circulaire, nos déchets deviennent de nouvelles matières premières, indispensables puisque les ressources naturelles deviennent, elles, de plus en plus rares.

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L’ESS : l’économie que les Français attendent, sans vraiment le savoir

Encore largement méconnue, l’économie sociale et solidaire répond pourtant massivement aux attentes économiques, sociales et environnementales de la population. Mon point de vue dans le journal La Tribune.

Chaque année, le mois de novembre, c’est le mois de l’économie sociale et solidaire (ESS). Partout en France, de nombreux événements sont organisés pour faire connaître les projets des associations, mutuelles, coopératives, fondations, entreprises sociales et structures d’insertion, qui forment le monde de l’ESS. La loi dite « Hamon » de 2014 a pleinement reconnu à cet écosystème ESS une existence juridique. Depuis la sortie des périodes de confinements et couvre-feux successifs liés à la pandémie de Covid19, les articles et reportages fleurissent sur ces modèles économiques alternatifs incarnant le « monde d’après », plus durable et solidaire.

Mais pour autant, l’ESS reste encore largement méconnue des Françaises et Français. C’est un des constats qui ressort du sondage très intéressant commandé par le French Impact à l’institut Harris Interactive, publié le 9 novembre dernier, et intitulé « Les Français et l’économie sociale et solidaire ». De cette enquête d’opinion, il ressort tout d’abord que les Françaises et Français ont un jugement mitigé sur le modèle économique actuel, où l’ESS demeure minoritaire. Ils ne sont pas vraiment convaincus par la capacité de l’économie d’aujourd’hui à créer des emplois durables, à respecter l’environnement, et à faire diminuer les inégalités sociales. Le concept de « l’économie sociale et solidaire » est, quant à lui, plutôt bien connu des Français, puisque les trois quarts d’entre-eux en ont déjà entendu parler, et lui associent des valeurs positives comme la capacité à créer de la cohésion sociale, de l’emploi durable, et à entreprendre de manière plus vertueuse. Mais seulement un tiers de la population est capable d’expliquer plus précisément et concrètement qui sont les acteurs ESS, et ce qui fait leur spécificité.

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Réinventer la planification : locale, écologique et solidaire. Notre chemin pour Paris.

Durant soixante ans, de 1946 à 2006, le commissariat général au Plan fut au cœur de l’élaboration de la planification à la française. Elle ne peut évidemment se confondre avec les planifications de type soviétique, qui se caractérisent, des versions les plus totalitaires aux tentatives de réformes comme celle portée par Oskar Lange, par la toute-puissance d’un Etat chargé de déterminer les quantités de production et les prix, hors de tout mécanisme réel de marché où offre et demande peuvent se rencontrer librement.

La planification à la française, celle de Jean Monnet qui fut le premier commissaire au Plan à partir de 1945, est indicative et incitative, et consiste en une étroite coordination entre administrations publiques et grandes entreprises privées, autour d’objectifs de production dans des secteurs jugés stratégiques. Entre 1946 et 1992, ce sont dix plans qui se sont succedés dans des domaines variés tels que l’énergie, l’agriculture, les transports, l’industrie, l’aménagement du territoire…

Les plans ont contribué à transformer profondément le tissu économique français, pour le meilleur (développement du transport ferroviaire, par exemple) comme pour le pire avec le déploiement du nucléaire devenu progressivement énergie hégémonique, nous compliquant largement la tâche pour aujourd’hui en sortir. Ils ont en tout cas donné des directions claires, guidant l’économie nationale, créant des emplois, des formations, des infrastructures. Les multiples crises que nous traversons aujourd’hui appellent à reprendre des logiques de planification et à les inscrire au coeur des dispositifs de relance, pour aller clairement et de manière ordonnée vers un modèle de développement qui concilie la nécessité de créer des millions d’emplois, tout en luttant contre le dérèglement climatique. Le plan, c’est aussi le retour en force de l’intervention publique et de la régulation des marchés, à l’heure où le néolibéralisme achève de nous montrer ses effets néfastes. Il ne peut se résumer à des actes symboliques, tel la remise sur pied par l’actuel gouvernement d’un Haut-commissaire au plan, sans véritable vision stratégique ni moyens pour agir. Il doit enclencher des transformations structurelles de notre économie. La planification du 21e siècle doit être avant tout locale, écologique et solidaire. C’est mon ambition pour Paris.

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Mon point de vue dans La Tribune : Pour sortir du plastique à usage unique, développons la filière de la consigne

Un article à retrouver aussi sur le site de la Tribune : l’alternative consigne

Depuis les années 1950, le plastique a envahi nos villes et nos océans. À l’origine conçu pour nous simplifier la vie, il est devenu en quelques décennies une véritable menace. À mesure que sa production a explosé, passant de 2 millions de tonnes par an en 1950 à 400 millions de tonnes aujourd’hui, il devient de plus en plus menaçant pour l’eau que nous buvons, l’air que nous respirons, et les écosystèmes dont nous dépendons.

Il faut désormais recentrer notre utilisation du plastique sur ce qui est essentiel : emballages de produits médicaux, composants informatiques, matériaux supports des technologies d’énergie renouvelable, objets usuels par exemple. A Paris, cette transition s’esquisse depuis plusieurs années, et le nombre d’entrepreneur.euse.s qui développent de nouvelles initiatives pour réduire la consommation de plastique à usage unique se développe fortement. Parmi ces initiatives, le développement de la consigne pour le réemploi des emballages est déterminant.

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Présentation de ma feuille de route dans le magazine Challenges

Par Esther Attias, le 12.12.2020. Article à retrouver aussi sur le site de Challenges : Comment Paris veut mettre l’ESS au coeur de l’espace urbain

EXCLUSIF – L’adjoint à l’économie sociale et solidaire (ESS) de la Ville de Paris, Florentin Letissier, dévoile pour Challenges sa feuille de route jusqu’en 2026. L’urgence du Covid-19 aura permis à ce professeur d’économie encarté chez les Verts d’obtenir une plus grosse enveloppe, pour soutenir un secteur particulièrement touché par la pandémie.

Son agréable bureau au quatrième étage de l’Hôtel de Ville contraste avec le sombre rez-de-chaussée du 11e ayant fait office de QG des Verts pendant la campagne municipale. Florentin Letissier, un des quatre « écolos » à faire partie de l’équipe rapprochée des adjoints de la maire de Paris, Anne Hidalgo, ne s’est pourtant pas laissé démonter par les ors de l’imposant édifice. Il s’est approprié sa délégation – l’économie sociale et solidaire, l’économie circulaire et le zéro déchet – avec enthousiasme. « Tous les acteurs que j’ai rencontrés, des grandes entreprises du CAC 40 aux associations et coopératives, sont partants pour travailler ensemble au développement d’une nouvelle économie, » confie-t-il avec entrain. 

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