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Quel avenir pour EELV ?

Tout vient d’une conviction et d’un constat : nous restons la force politique porteuse de l’écologie en France, mais nous devons sortir de la spirale de l’échec.

Ma conviction est qu’il nous faut reconstruire un mouvement écolo fort. La prise de conscience écologique progresse dans les programmes politiques des partis de gauche mais sans remise en cause réelle de la croissance. Nous pouvons être, nous devons être le parti de la post-croissance capable de donner un débouché politique à toutes les personnes, et à toutes les initiatives, associatives, syndicales, locales ou nationales qui se reconnaissent dans le projet de société de l’écologie politique. Pour paraphraser Naomi Klein, tout peut changer et tout doit changer !

Aujourd’hui EELV doit tourner la page de la séquence écoulée et nous devons tirer les leçons de nos échecs. La présidentielle est le dernier en date : que ce soit du point de vue électoral ou même en terme de confiance, l’alliance avec Benoît Hamon a été un échec. Nous n’avons même pas été remboursés des 200 000 euros que nous devions toucher en échange du retrait de Yannick Jadot. Pourtant, notre espace politique existe toujours. Il nous a permis de résister aux législatives. C’est sur ce socle que doit se centrer la reconstruction de notre parti écolo en vue des échéances de 2019 et 2020 : les européennes et les municipales. Global, local, EELV doit être au rendez-vous.

Pour les temps à venir, pour exister à nouveau fortement dans le paysage politique chamboulé de l’après présidentielle et législatives, nous avons besoin d’un cap. Chacun-e a sa vision de ce que peut être ce cap. C’est tout l’intérêt d’un congrès des écologistes : en débattre et en décider. Dans la clarté des positions de chacun-e.

A mon sens, une nouvelle dynamique d’EELV n’est possible que si nous envoyons un signal clair qui fera dire : oui les écolos prennent un nouveau départ, oui ils savent où ils vont.

Le congrès est le bon outil pour envoyer ce message de clarification politique. Certes le congrès comme toute délibération démocratique produit du clivage.

Mais nous pouvons réussir un congrès utile, avec des motions reflétant de réels clivages de fond et de stratégie, et non simplement des antagonismes de personnes. Cela ne dépend que de nous. Certain-e-s écolos pensent à un rapprochement avec le mouvement de Benoît Hamon. C’est tout à fait respectable, mais en ce qui me concerne, je dis que ce serait une erreur, pour les raisons électorales et de confiance évoquées plus haut, mais aussi parce que le M1717 n’a pas rompu avec le parti socialiste. En tant qu’élu à Paris, je le vois bien : les hamonistes soutiennent sans réserve Anne Hidalgo alors que nous écolos, portons clairement une parole spécifique au sein de la majorité municipale, régulièrement critique des orientations de la Maire de Paris, encore récemment à propos de la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques. D’autres défendent peut-être un dialogue privilégié avec la France Insoumise. Ce n’est pas mon cas. Notre écologie est plus décentralisée, et ne dépend pas de la figure de l’homme providentiel. Aujourd’hui, notre parti doit sortir du suivisme et redevenir attractif !

Nous devons continuer à discuter avec tous ces mouvements politiques, dans un état d’esprit ouvert et bienveillant  mais sans nous laisser dévier de notre trajectoire de refondation. Nous avons du temps d’ici aux prochaines élections, prenons ce temps pour clarifier nos orientations, revenir sur le devant de la scène politique. Nous serons utiles en étant forts et autonomes.

Le parti vert a encore un avenir. Nous sommes affaiblis mais nous avons encore de réelles forces : des militant-e-s présents sur tout le territoire, une identité écolo reconnue dans l’opinion. Sur ce socle, à partir de ce que nous sommes aujourd’hui, nous pouvons construire les victoires de l’écologie politique de demain.