Futuricide à Gaza : la France et l’Europe face à une responsabilité historique

J’ai découvert récemment un concept que je ne connaissais pas : celui de « futuricide », mis en avant par l’anthropologue Stéphanie Latte Abdallah.

Il s’agit d’un processus qui prive un peuple et le territoire où il vit de toute perspective d’avenir. D’abord en raison des crimes de masse qui touchent la population (c’est la logique génocidaire, avec tout ce qu’elle comporte également de destruction de tout un patrimoine culturel d’une population), et aussi parce qu’il y a écocide, à savoir privation ou destruction des ressources naturelles qui sont nécessaires à la vie humaine (plus d’accès à l’eau potable, pollutions massives provoquées par l’usage des bombes et les destruction des bâtiments etc etc).

Le Moyen-Orient était déjà une zone à fortes tensions en termes d’accès aux ressources naturelles, avec des conflits d’usage entre les populations et les territoires. Et les Palestiniens en étaient les premières victimes, surtout du fait de la reprise des logiques de colonisation par Israël, en Cisjordanie notamment, sous l’impulsion de Netanyahu. Cela a été documenté par des rapports de l’ONU. Et évidemment depuis quelques mois, la situation s’est fortement aggravée. Le destin d’un peuple est toujours grandement lié à sa capacité à accéder aux ressources naturelles essentielles à sa vie quotidienne. Le priver toujours plus d’eau et de terres, c’est le condamner à l’exil ou à l’asphyxie sur place.

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Quelle diplomatie pour une République écologique ?

Un événement Écologie et République, dont je suis un des membres fondateurs, organisé en partenariat avec le Columbia Global Center Paris. Rendez-vous jeudi 16 mai à 19h au Reid Hall, 4 Rue de Chevreuse, Paris. Inscriptions ici : Quelle diplomatie pour une République écologique ? Billets

L’ordre international de 2024 est celui d’un monde fracturé par des antagonismes croissants entre un Nord et un Sud qui peinent à s’entendre et à se comprendre. Cette fracturation s’accompagne d’un retour de la guerre, y compris sur le sol européen, de la persistance du terrorisme, ainsi de la volonté de certaines puissances de remettre en cause les règles du droit international et les fondements mêmes du multilatéralisme.

Pourtant, la coopération entre Etats n’a jamais été aussi cruciale qu’aujourd’hui pour faire face aux grands défis interconnectés de notre temps que sont le  changement climatique, la préservation de la biodiversité et la lutte contre la pollution, le développement, ou encore l’apparition de pandémies. La France, qui s’est historiquement imposée comme un acteur majeur des relations internationales, se doit d’être à l’initiative pour encourager une coopération ambitieuse et jouer un rôle moteur pour relever ces enjeux globaux. Ce rôle doit s’articuler avec une prise en considération de sa sécurité et celle de ses voisins européens, y compris énergétique, et une défense de ses intérêts, notamment économiques.

Dans ce contexte, le groupe de réflexion Ecologie et République, en partenariat avec Columbia Global Centers, vous propose de participer à une discussion en compagnie d’un panel d’experts regroupant universitaire, diplomate et représentant d’ONG, autour de deux questions directrices:

Quelles priorités pour une diplomatie climatique et environnementale ambitieuse? Comment mieux aligner les diplomaties environnementale, économique, et de défense ?

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