Présentation de ma feuille de route dans le magazine Challenges

Par Esther Attias, le 12.12.2020. Article à retrouver aussi sur le site de Challenges : Comment Paris veut mettre l’ESS au coeur de l’espace urbain

EXCLUSIF – L’adjoint à l’économie sociale et solidaire (ESS) de la Ville de Paris, Florentin Letissier, dévoile pour Challenges sa feuille de route jusqu’en 2026. L’urgence du Covid-19 aura permis à ce professeur d’économie encarté chez les Verts d’obtenir une plus grosse enveloppe, pour soutenir un secteur particulièrement touché par la pandémie.

Son agréable bureau au quatrième étage de l’Hôtel de Ville contraste avec le sombre rez-de-chaussée du 11e ayant fait office de QG des Verts pendant la campagne municipale. Florentin Letissier, un des quatre « écolos » à faire partie de l’équipe rapprochée des adjoints de la maire de Paris, Anne Hidalgo, ne s’est pourtant pas laissé démonter par les ors de l’imposant édifice. Il s’est approprié sa délégation – l’économie sociale et solidaire, l’économie circulaire et le zéro déchet – avec enthousiasme. « Tous les acteurs que j’ai rencontrés, des grandes entreprises du CAC 40 aux associations et coopératives, sont partants pour travailler ensemble au développement d’une nouvelle économie, » confie-t-il avec entrain. 

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Assassinat de Samuel Paty : trouver des réponses à hauteur de ce traumatisme collectif

J’ai entendu hier le ministre de l’intérieur fustiger « les rayons de supermarchés communautaires » (halal ou casher donc j’imagine ?), et le ministre de l’éducation nationale « les ravages de l’islamo-gauchisme à l’université ». Franchement, n’ont-ils pas autre chose à dire dans la période, et surtout n’ont-ils pas des mesures à proposer, eux qui sont au pouvoir ?  

Il ne faudrait pas que l’acte terroriste dont a été victime Samuel Paty conduise, volontairement ou pas, à tout mélanger, et se traduise notamment par le fait d’assimiler la nécessaire condamnation des discriminations que subissent un certain nombre de personnes musulmanes en France à un soutien à l’islam radical ! Cela paraît évident à dire, mais la période est si compliquée qu’il vaut mieux rappeler les principes les plus simples.

Un enseignant a été assassiné par un terroriste islamiste il y a quelques jours et nous sommes si nombreuses et nombreux à avoir été plongés dans l’effroi et à avoir besoin de trouver des réponses fortes. Nous voulons que l’école reste le haut lieu de la connaissance et de l’apprentissage de l’esprit critique. C’était l’idéal de Samuel Paty. Nous sommes attachés à la liberté de conscience et donc de croyance qui, ça tombe bien, est garantie par le principe de laïcité, puisque l’Etat s’applique un principe de neutralité et ne reconnaît aucun culte plus qu’un autre. Et dans notre grande majorité, nous refusons que telle ou telle religion remette en cause notre liberté de penser et d’agir.  

Alors quels sont les enjeux qui sont face à nous pour éviter qu’une telle abomination comme celle de Conflans se reproduise ? Voici modestement à mes yeux quelques pistes d’action.   L’enjeu c’est d’améliorer le renseignement intérieur et de mieux doter les services de police pour stopper les islamistes avant qu’ils ne passent à l’acte. Car l’assassin de Samuel Paty avait fait l’objet de signalements avant qu’il ne perpétue son acte abominable. L’enjeu c’est de renforcer les moyens dans les écoles où les conditions d’enseignement sont difficiles, et que les enseignants soient soutenus à la fois par leur hiérarchie et par les parents de leurs élèves, notamment quand il y a des incidents dans les classes. Soutiens dont Samuel Paty a, semble-t-il, beaucoup manqué. L’enjeu c’est de lutter contre l’exclusion sociale et le communautarisme dans certains quartiers, en agissant pour favoriser la mixité sociale et en mettant en œuvre de vraies politiques de création d’emplois. C’est de proposer davantage de temps hors de l’école où les enfants peuvent côtoyer des enfants d’autres milieux qu’eux, et où ils peuvent avoir des moments de réflexion, de culture, d’expression, autour des principes républicains de liberté, d’égalité et de fraternité.  

En disant tout cela on dit aussi qu’on ne peut pas tout attendre des enseignant.e.s. Que l’école est le reflet de la société, avec ses forces et ses cassures. Et que cette société nous en faisons toutes et tous partie, avec chacune et chacun notre rôle à jouer.

Ma feuille de route : faire monter en puissance les acteurs de l’ESS au sein de filières de l’économie circulaire

Pour un Montparnasse vert et solidaire

Au conseil du 14ème arrondissement du lundi 26 novembre 2018, nous déposons en tant que groupe écologiste un vœu relatif au réaménagement du quartier Montparnasse. Vous pouvez le télécharger en cliquant sur le lien suivant :

Voeu EELV Montparnasse

Pour répondre aux défis du dérèglement climatique et pour une ville solidaire, nous proposons :

> Que la Ville de Paris s’engage pour la limitation des nouvelles surfaces commerciales dans le quartier, et que la priorité soit donnée à la fois à la préservation du commerce de proximité existant, et aux structures de l’économie sociale et solidaire, et de l’économie circulaire

> Qu’aucune nouvelle surface de bureaux soit créée, et que les surfaces de bureaux existantes fassent l’objet d’un recensement pour voir si certaines sont vacantes et pourraient être mobilisées pour du logement social ou de l’hébergement d’urgence

> Que la densité du bâti soit diminuée dans le quartier, pour laisser de la place à davantage d’espaces végétalisés

> Que concernant le réaménagement de l’espace central situé entre la gare Montparnasse, les rues du départ et de l’arrivée, et le boulevard du Montparnasse, des solutions d’urbanisme circulaire soient étudiées, pour réhabiliter et embellir certains bâtis existants afin de minimiser l’empreinte carbone des chantiers, et que tout aménagement nouveau le soit avec des écomatériaux. L’intérêt de structures modulaires devra également être
étudié, car elles permettent un urbanisme évolutif pouvant s’adapter aux changements climatiques à moyen et long terme

> Que les aménagements futurs du quartier privilégient les mobilités collectives et douces, ce qui passe notamment par de meilleurs accès aux stations de métro et bus, la création de pistes cyclables et des élargissements de trottoir. La piétonnisation de la partie du quartier
Edgar Quinet située entre la rue du Départ, l’avenue du Maine, les rues de la Gaité et du Montparnasse et le boulevard du Montparnasse devra également être étudiée.

> Que la rue du commandant Mouchotte soit végétalisée et que davantage d’espace y soit réservé aux mobilités douces

> Qu’un processus ambitieux de concertation soit organisé par la ville de Paris tout au long de l’aménagement du quartier, avec la tenue d’ateliers publics d’urbanisme

> Que la Ville de Paris, à la fois en tant que membre d’Île-de-France Mobilités et interlocuteur privilégié de l’Etat, de la SNCF et de la RATP, s’engage pour un rééquilibrage des flux d’activités et de transports à l’échelle de la métropole du Grand Paris, et de la région Île-de-France. Car c’est un non-sens écologique que des quartiers parisiens comme Montparnasse concentrent une trop grande densité d’emplois et de surfaces commerciales, et cela se fait aussi au détriment d’autres territoires qui connaissent des phénomènes d’appauvrissement et de désertification.

Crédits photo : Place Edgar Quinet, francebalade.com

 

Montparnasse : les impasses de la shopping city

Le devenir du quartier Montparnasse est un enjeu majeur d’urbanisme pour le 14ème arrondissement et pour Paris. Voire même, un enjeu métropolitain, tant les flux de populations y sont importants. Il est en effet des quartiers où celles et ceux qui y habitent sont moins nombreux que celles et ceux qui y passent. Flux de voyageurs fréquentant la 4ème gare de France et les nombreuses lignes de métro et trains régionaux qui y passent, salariés travaillant dans les immeubles de la fameuse tour et dans les bâtiments aux alentours, touristes et francilienn-e-s fréquentant les centres commerciaux, restaurants, cafés, théâtres, cinémas…Chaque jour, quelques centaines de milliers de personnes passent à Montparnasse.

Dès lors, la double question à la base de tout projet d’urbanisme se complexifie : qui fait la ville, et pour qui ?

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