Retrouvez ci-dessous le texte publié par la motion Faire Gagner l’Ecologie, dont je suis porte-parole national. À lire aussi ici : Accueil | Faire gagner l’écologie
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La crise géopolitique et énergétique que nous traversons est une véritable alerte rouge. À la fois signe d’un ordre mondial de plus en plus conflictuel, et mise en lumière d’un modèle économique encore très dépendant des énergies très polluantes que sont le pétrole et le gaz, elle a des conséquences sociales fortes avec le retour de l’inflation qui affecte directement le quotidien des françaises et français.
Ces dangers qui se cumulent nous ramènent à la mère des batailles politiques pour nous, écologistes : celle de la protection de l’environnement. Aller vers une production locale et sobre, débarrassée des énergies fossiles, est le meilleur chemin vers une planète habitable et une société plus juste.
Et le temps presse. Comme le rappelait en mars dernier le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, à l’occasion de la publication du dernier rapport sur l’état du climat mondial : « l’humanité vient de traverser les onze années les plus chaudes jamais enregistrées. Quand l’histoire se répète onze fois, ce n’est plus une coïncidence. C’est un appel à agir. »
C’est pourquoi nous revendiquons l’urgence de porter une écologie politique forte. Une écologie qui ne soit pas supplétive, mais structurante. Avec une ligne politique claire, cohérente et assumée. Une écologie démocratique, qui intègre les citoyennes et citoyens aux prises de décisions politiques, et sociale, qui protège les plus vulnérables et répartit équitablement les efforts.
Malheureusement, les écologistes français ressortent affaiblis des dernières élections municipales, et sont en net recul depuis les élections européennes de 2024. Certes, les alliances de la gauche aux législatives de 2022 et 2024 ont permis d’obtenir un groupe écolo fourni et utile à l’Assemblée Nationale, mais l’écologie politique semble échouer à convaincre largement quand elle se présente sous ses seules couleurs. À nos yeux, cette situation n’est pourtant pas une fatalité. Les écologistes peuvent devenir un parti fort, à trois conditions.
Trois priorités pour les écologistes
La première, c’est de travailler à des politiques de transition justes qui soient acceptables socialement, notamment par les catégories populaires. Les propositions doivent être des solutions concrètes, accessibles, et ne pas impliquer de pertes de pouvoir d’achat pour les budgets les plus fragiles. Face aux problèmes pour boucler les fins de mois, l’accent doit être mis sur des politiques de réduction des principales dépenses contraintes : alimentation, logement, transport. L’écologie ne doit plus être associée à des difficultés, mais à des opportunités de vivre mieux.
La seconde, c’est de s’adosser à un socle électoral stable dans le temps, lui garantissant toujours une force électorale significative, même dans les périodes de reflux. C’est la condition d’existence des grands partis politiques. On ne peut prétendre jouer les premiers rôles avec 4% ou 5% des électrices et électeurs dans les mauvais jours. Il nous semble fécond de repartir du concept de « classe écologique », défendu par Bruno Latour, pour parvenir à fidéliser une partie significative des gens directement touchés par l’urgence climatique, en devenant le débouché politique incontournable de leurs idées et leurs combats. Agriculteurs dépendants des sols, habitants exposés aux catastrophes climatiques, scientifiques du climat, associations et citoyens engagées, victimes des pollutions : voilà celles et ceux qui devraient être les premières et premiers à se reconnaître dans l’action d’un parti écologiste. Il est indispensable de leur faire une place dans la gouvernance de notre parti.
Et la troisième, c’est d’assumer enfin un positionnement politique clair au sein de la gauche. Dans un contexte géopolitique critique, où des empires autoritaires cherchent à dicter leur vision du monde, l’attachement au projet européen est central et doit être mis au cœur de nos alliances électorales. C’est d’ailleurs sur cette ligne politique, quand elle a été affirmée et incarnée avec force, que les écologistes ont obtenu leurs plus grandes victoires. Il nous donc semble indispensable de travailler au rassemblement des écologistes, au sein d’un grande alliance de la gauche pro-européenne pour les élections présidentielle et législatives de 2027.
Bâtir un accord législatif de la gauche sociale-écologiste avant septembre 2026
Nous en effet sommes à un an de la prochaine élection présidentielle et des élections législatives qui suivront. Le grand danger qui guette les progressistes face au danger du Rassemblement National, c’est la division. Il ne peut y avoir plus de deux candidatures à gauche, sous peine d’impossibilité d’accéder au second tour et prétendre à la victoire. Avec Jean-Luc Mélenchon, la gauche radicale a son candidat. Reste à la gauche sociale-écologiste à présenter la sienne ou le sien. Mais pour l’instant, aucun processus consensuel de désignation n’émerge, notamment la primaire qui semble très incertaine.
Nous appelons donc à commencer par le projet politique pour créer une véritable dynamique unitaire. D’ici à septembre, la gauche sociale-écologiste, de Ruffin et Autain à Glucksmann en passant par les écologistes et le parti socialiste, doit conclure un programme législatif. Ce travail pour dégager des grandes priorités pour la France doit être le socle qui rassemble, et ouvre la voie à des accords sur les circonscriptions et la mise en place d’une équipe plurielle qui préfigure le futur gouvernement du pays. Ce projet ne doit pas être uniquement le fruit des appareils politiques, il doit émaner d’une démarche citoyenne beaucoup plus large, à travers des assemblées citoyennes programmatiques partout dans le pays.
Si nous réussissons à atteindre ces objectifs, il sera d’autant plus aisé de se mettre d’accord sur les modalités de désignation de la candidature à la présidentielle. Primaire, conclave, conférence de consensus etc nous sommes ouvert.e.s à toutes les possibilités qui permettront d’aboutir. Toutes les initiatives se réclamant de ce périmètre politique commun doive d’ores et déjà se parler, car ce qui les rassemble est plus fort que ce qui les sépare. Ne créons pas de fossé entre les un.e.s et les autres puisqu’à la fin nous devrons nous retrouver. Front Populaire 2027, Construire 2027, Primaire de la gauche…convergeons !
Nous l’affirmons avec force : personne au sein de cette gauche sociale-écologiste ne doit se soustraire à ces cadres collectifs et se lancer dans des aventures solitaires, sous peine d’une multiplication finale et fatale des candidatures. Alors en avant, bâtissons un projet qui nous rassemble !
Photo : JJ Georges @creative commons

