Un nouveau récit national ? Le défi de la gauche pour 2027 !

Retrouvez ci-dessous ma dernière tribune publiée sur Usbek&Rica.

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Plus de 10 millions de voix. C’est le seuil historique auquel est parvenu le Rassemblement National et ses alliés au second tour des élections législatives. Bien que le pire, à savoir une majorité d’extrême-droite à l’Assemblée Nationale, ait été évité grâce à la belle surprise du Nouveau Front Populaire, la vague nationaliste ne cesse de monter d’élections en élections, et la perspective de sa victoire à la prochaine élection présidentielle est très crédible.

Que faire pour empêcher ce scénario de se produire ? À l’évidence, la posture défensive du barrage républicain ne sera pas longtemps efficace, tant on en a déjà usé de par le passé. Il faut donc résolument adopter une posture offensive, c’est-à-dire, convaincre les électrices et les électeurs de la pertinence et crédibilité d’un projet alternatif. Cela passe d’abord par la nécessité de dire à de plus en plus de Françaises et Français inquiets du déclassement tant de leur pays que de leur situation personnelle, que les véritables défenseuses de la France et ses habitant.e.s, dans un monde perçu comme toujours plus menaçant, se trouvent du côté des forces de gauche. La capacité à redonner des perspectives nationales positives est en effet très importante, dans notre pays où une large majorité de la population se déclare dans les enquêtes d’opinion « fière d’être française »[1].

Encore faut-il donner un contenu à cette fierté nationale, qui ne se confonde pas avec le projet nationaliste, c’est-à-dire de supériorité de son pays, et de rejet de l’étranger, dont l’extrême-droite fait son fond de commerce depuis toujours. « Le nationalisme, c’est la guerre », disait fort justement François Mitterrand, dans une formule mainte fois reprise depuis lors par les défenseurs de la construction européenne. Continent si longtemps déchiré par des affrontements armés entre États avides d’imposer leur domination à leurs voisins, l’Europe connaît à nouveau la guerre sur son sol, avec le conflit en Ukraine, même si les Françaises et Français n’y prennent pas directement part. Avec un Rassemblement National aux portes du pouvoir, dont par ailleurs les liens troubles avec le régime poutinien sont bien connus, il est urgent pour les forces de gauche de convaincre qu’elles sont porteuses d’un projet national qui protège et rassemble.

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L’écologie : un nouvel horizon républicain pour notre école

Retrouvez ci-dessous ma tribune publiée dans l’Obs

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L’école publique traverse une profonde crise d’identité et de confiance dans notre pays. Elle fut longtemps perçue comme le pilier central de la République : l’accueil des jeunes de toutes origines, pour leur inculquer les valeurs et savoirs leur permettant de trouver leur place dans la société, est ce qui permet de faire Nation. Malheureusement, depuis trop d’années, cet idéal de l’école de la République s’effrite, alors même que l’engagement des équipes éducatives demeure remarquable.

L’affaiblissement de la mixité sociale est dangereux pour notre cohésion sociale

À qui la faute, si la mixité sociale dans les écoles publiques recule fortement ? En 2000, selon la Cour des Comptes, les catégories favorisées représentaient 32% des effectifs dans les collèges et lycées publics, contre 41% dans le privé. Vingt ans plus tard, la part de ces catégories favorisées restait quasi inchangée dans le public, alors qu’elle était passée à plus de 55% dans le privé. À l’autre bout de l’échelle sociale, les élèves défavorisés sont de moins en moins présents dans le privé, alors que le public continue d’assumer seul l’intégralité de la scolarisation des jeunes dans les quartiers dits « prioritaires ».

La responsabilité de ce délitement de la mixité sociale dans les écoles publiques incombe évidemment aux responsables politiques, qui n’ont pas voulu instaurer les dispositifs contraignants nécessaires pour la rendre effective, comme tracer des cartes scolaires plus équilibrées, limiter les possibilités d’y déroger, et bien-sûr, conditionner strictement le financement des établissements privés à des critères de mixité sociale. Il n’est pas trop tard évidemment ! Mais le récent très mauvais feuilleton de l’éphémère ministre Amélie Oudéa-Castéra a montré à quel point toute une partie des élites politiques n’ont que faire du redressement de l’école publique, puisqu’ils organisent eux-mêmes la fuite de leurs enfants vers des établissements privés qui, eux, sélectionnent leurs élèves selon leur bon vouloir.

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