Faisons Paris les 8

En 2020, faisons le Grand Paris de l’écologie

Voici une tribune publiée aujourd’hui dans le nouvel observateur avec l’équipe de Faisons Paris, qui donne notre vision d’une métropole du Grand Paris verte et solidaire.

Le 02 juillet dernier, le Conseil de Paris approuvait l’aménagement de la ZAC Bercy Charenton, dans le 12e arrondissement. Surnommé la  » petite Défense « , ce projet d’urbanisme aux allures de monstre prévoit la construction de six nouvelles tours dont une de 180 mètres de hauteur. Ce projet va changer en profondeur l’arrondissement, l’Est parisien, les territoires voisins et par ricochet, la métropole du Grand Paris. Signe d’un vrai malaise, il a été adopté à une très courte majorité – cinq voix – au seul Conseil de Paris. Hypocrisie totale, puisque même si ses impacts vont être énormes, ce projet n’a fait l’objet d’aucun débat au plan métropolitain.

Les devenirs de Paris et du Grand Paris sont liés

Pourtant, pour faire face aux dérèglements climatiques et à la chute de la biodiversité, mais aussi à l’explosion des prix des logements et à la congestion des transports, les décisions publiques devront se prendre de manière coordonnée entre les villes du Grand Paris. Face aux enjeux, les destins de Paris et du Grand Paris sont liés et ne se décideront plus l’un sans l’autre.

L’exemple de l’urbanisme est d’ailleurs emblématique. Alors que de nombreuses villes du Grand Paris possèdent encore de grands espaces libres, l’évidence se fait de plus en plus criante à Paris : nous devons sauvegarder le peu de pleine terre restante intra muros. Trop dense, trop bétonnée, la capitale étouffe. Si nous ne faisons rien, elle sera, dans quelques années, avec la multiplication des épisodes caniculaires, un four complètement invivable. Les espaces verts, qui sont autant d’îlots de fraîcheur, doivent être préservés et renforcés. Partout dans Paris, les habitant.e.s l’ont compris et multiplient les mobilisations citoyennes pour sauver jardins, espaces de pleine terre ou friches menacés par de gros programmes immobiliers.

Entrons dans l’ère de la coopération entre territoires

 Il ne s’agit pas ici  » seulement  » d’environnement. Si nous ne faisons rien ou si nous continuons  » comme avant « , la dégradation des conditions climatiques va exacerber des inégalités sociales toujours et plus que jamais très fortes. Dans un territoire métropolitain déséquilibré et travaillé par de fortes disparités territoriales, les mesures classiques de solidarité  entre territoires franciliens ne suffiront pas.   C’est à la racine qu’il faut porter nos efforts : non plus seulement distribuer comme par  « ruissellement » les fruits de la richesse de la ville centre vers ses périphéries, mais penser la distribution des activités, de l’habitat et des ressources à l’échelle métropolitaine. Concrètement, Paris doit renoncer à concentrer l’essentiel de l’activité politique, commerciale et culturelle et financière de la métropole.

 Mieux partager, moins opposer aussi. Recréer de la qualité de vie à l’échelle du Grand Paris suppose en tout premier lieu de s’attaquer à la spécialisation des territoires et aux flux démesurés de déplacements qu’elle génère, entre territoires  » logement  » et territoires  » bureaux « . Ces choix de développement ont fini par produire un enfer quotidien pour des millions de personnes. Face à ce modèle dépassé, marqué du sceau de la compétition, nous proposons une logique de coopération entre les territoires. Mieux répartir les activités au sein de la métropole, c’est rapprocher les citoyen.ne.s de leurs lieux de travail et de vie. Recréer des bassins de vie, permettre aux gens d’habiter, de travailler, de se cultiver ou se distraire, d’acheter là où ils vivent, voilà la ligne directrice d’un développement métropolitain harmonieux, soutenable et vivable.

 Gratuité des transports pour les moins de 25 ans

C’est également à l’échelle de la métropole que se joue et que se gagnera la bataille de la qualité de l’air. A cet égard, la récente création de la  » zone à faible émission  » métropolitaine est une avancée majeure, qui permettra de rendre un peu plus concret le droit constitutionnel à  » un environnement sain « . Sa mise en place n’ira pas sans difficultés, bousculera forcément les modes de déplacements et aura nécessairement des impacts sur nos habitudes. Notre santé est néanmoins primordiale.

Et c’est cet enjeu de santé publique qui doit primer. Face à cela, nous ne sommes pas sans ressources : des offres de mobilité alternative à la voiture individuelle se développent, elles doivent être amplifiées par les politiques publiques. Les écologistes à Paris ont d’ailleurs montré, depuis 2001, leur volonté (voies de bus, tramway, pistes cyclables, trottoirs élargis) et leurs compétences sur ce point.

 Il faudra batailler avec la Région Île de France pour la mise en place d’un plan Vélo métropolitain réellement ambitieux, qui permette des continuités cyclables sécurisées entre Paris et les communes limitrophes. En outre, nous voulons faire du covoiturage la norme, pour diminuer la facture de celles et ceux qui sont contraints d’utiliser une voiture, et diminuer drastiquement le nombre de véhicules en circulation.

Parallèlement, il sera nécessaire d’harmoniser le traitement des deux-roues motorisés : Vincennes et Saint Mandé demandent à leurs propriétaires de s’acquitter d’un paiement pour le stationnement. Nous porterons à Paris comme pour la   Métropole, la nécessité de généraliser cette mesure. Nous engagerons également toutes nos forces pour soutenir les transports en commun du quotidien, en proposant la baisse des tarifs, avec un premier objectif : la gratuité des transports pour les franciliennes et franciliens de moins de 25 ans. Nous continuerons, enfin, de plaider pour l’abandon du catastrophique projet CDG Express, coûteux, socialement injuste et qui aggraverait les difficultés déjà présentes sur le RER B.

Le périph’, un bassin de vie

 Dans ce contexte, c’est peu dire que l’avenir du périphérique est une question majeure. Nous portons une vision ambitieuse de sa transformation. Alors qu’il déchire aujourd’hui le tissu urbain, nous proposons d’en faire un véritable lieu de vie, avec des logements, des services publics et des espaces verts, de recréer une continuité métropolitaine. Aller à pied, à vélo ou en bus à Bagnolet, Issy Les Moulineaux ou Charenton Le Pont,  doit devenir aussi simple que se rendre à Châtelet, en   transformant ce qui est aujourd’hui un mur physique et mental entre la capitale et le reste de sa métropole en un bout de ville, un pont permanent qui fait lien entre Paris et les communes voisines.

Encadrement des loyers 

L’accès au logement est l’une des premières préoccupations des Parisien.ne.s mais aussi des Grands Parisien.ne.s. Pour un nombre toujours plus grand de ménages, se loger à Paris relève de l’impossible. Avec la création de nouvelles lignes de métro, des nouvelles gares du Grand Paris Express, plusieurs communes de la métropole font face, elles aussi, à l’envolée des prix. Pour combattre cette poussée spéculative, l’encadrement des loyers doit être mis en place sur l’ensemble du territoire métropolitain et les abus des plate-formes de type Airbnb combattus sans relâche. Nous ferons de l’Organisme de foncier solidaire métropolitain un outil central qui permettra de favoriser l’accession à la propriété pour les plus modestes.

Enfin, la lutte contre le mal-logement et la pauvreté est pour nous une priorité majeure. Rien qu’à Paris, 350 000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté et plus de 28 000 personnes ont été recensées (chiffres du recensement de la nuit de la solidarité / Mairie de Paris, février 2019) comme sans domicile fixe  ! Dans notre ville, l’une des métropoles les plus riches du monde, encombrée de surfaces délirantes de bureaux vides, comment encore accepter que des gens vivent sans toit ? Comment accepter les conditions infamantes dans lesquelles vivent de plus en plus nombreux, celles et ceux qui sont dans les camps de migrants ? Nous exigerons de l’Etat la réquisition des bâtiments vides, en premier lieu ceux qui lui appartiennent et ceux listés comme « biens mal acquis » saisis par la justice. Nous engagerons des solutions d’habitat léger et modulable pour les personnes à la rue. Avec un objectif politique, humain, éthique : chaque personne dans la rue doit pouvoir bénéficier d’une solution de logement ou d’hébergement.

Un référendum francilien sur les JO

On le voit, l’élection municipale de 2020 concerne donc aussi bien Paris que le Grand Paris. Et ce ne devra être ni une bataille d’experts ni l’affaire réservée des appareils politiques. C’est un très large chantier civique qu’il s’agit d’ouvrir ici. Pour une réelle appropriation citoyenne de l’échelon métropolitain, pour la clarté des débats sur son avenir, nous souhaitons que les conseiller.e.s métropolitain.e.s soient élu.e.s au suffrage universel direct, avec une obligation de parité pour le Conseil métropolitain, aujourd’hui majoritairement masculin. Plus largement, les grands projets qui concernent la métropole doivent faire l’objet d’une consultation citoyenne. Nous demanderons par exemple un référendum francilien sur les Jeux Olympiques, à partir d’un audit indépendant. Dans la continuité, nous mettrons en place des commissions participatives notamment sur la gestion des biens communs, comme la Seine par exemple. Elles seront dirigées par des citoyen.ne.s et nous expérimenterons pour cela le tirage au sort pour garantir une participation large, notamment des personnes habituellement exclues des centres de décision.

L’élection municipale de 2020 aura nécessairement une dimension métropolitaine. Les écologistes parisiens feront une campagne intégrant pleinement cet enjeu, aux côtés des autres candidat.e.s écologistes des villes du territoire de la Métropole du Grand Paris. Avec David Belliard, candidat à la Mairie de Paris, je serai la candidate des écologistes Parisien.ne.s pour porter, si les électrices et les électeurs le décident, avec mes collègues écologistes des autres communes, nos propositions au sein de la Métropole du Grand Paris.

 Emmanuelle Pierre-Marie, conseillère municipale déléguée, Paris 12ème

Avec  : David Belliard, candidat à la tête de liste des écologistes  ; Joel Engo, militant associatif  ; Laurent Audouin, conseiller municipal Paris 5ème  ; Alix Béranger, militante féministe  ; Anne Souyris, adjointe à la Maire de Paris  ; Florentin Letissier, adjoint au maire, Paris 14ème  ; Douchka Markovic, militante animaliste et féministe, adjointe Paris 18ème.