Retour sur les élections municipales

Alors qu’avec mes amis élus écologistes du 14ème, nous commençons progressivement à nous saisir des dossiers qui vont nous occuper durant cette nouvelle mandature, et que je découvre ma nouvelle vie d’élu municipal, je ne peux m’empêcher de faire un premier post sur les leçons qu’il faut à mon avis tirer des dernières élections.

  • C’était – déjà – il y a un mois, mais on se souvient des résultats d’un scrutin qui fut, à de nombreux égards, tristement historique

Bien qu’il soit difficile de tirer des enseignements globaux d’élections locales, nous connaissons toutes et tous les grandes tendances qui se sont dégagées des dernières élections municipales dans notre pays (elles sont rappelées ici par le journal Le Monde), dont les plus inquiétantes sont une abstention toujours à un haut niveau, et une poussée du front national qui emporte une dizaine de villes. Comme on pouvait s’y attendre, tant c’est devenu une habitude sous la Vème République, le parti majoritaire au pouvoir est sanctionné. Le parti socialiste subit même une défaite historique, en perdant plus d’une centaine de villes de plus de 10 000 habitants, sans compter toutes les communes plus petites. Dans un certain nombre de villes, cette défaite est d’ailleurs celle de toute la gauche et des écologistes, qui se sont rassemblés au premier ou second tour pour l’emporter.

Résultats globaux municipales

Un motif d’espoir cependant, pour l’écologiste que je suis : EELV obtient de bons résultats dans les communes où il présentait un/e candidat/e comme tête de liste. Il y a Grenoble, bien-sûr, qui a élu Eric Piolle comme maire, entouré d’une équipe composée d’écologistes, de membres du parti de gauche, mais surtout de nombreux associatifs et citoyens engagés. Voilà une ville qui peut devenir un laboratoire d’une « écologie municipale », capable d’adapter nos communes aux défis environnementaux, et de recréer les solidarités nécessaires au bien vivre ensemble. De manière générale, dans les 262 communes où il y avait une tête de liste EELV, les voix récoltées représentent une moyenne de 11,6 % des suffrages exprimés. C’est encourageant, et comme le rappelle justement le journal Reporterre, on pourrait considérer que « les écologistes font jeu égal avec le Front National »..

  • Une « exception » parisienne?

Dans ce contexte national, les résultats à Paris apparaissent donc comme une exception parmi quelques autres (on pense à d’autres grandes villes restées à gauche : Lyon, Lille, Nantes…). Comme en 2001 et en 2008, une coalition principalement composée des socialistes et des écologistes l’emporte face à la droite. Cette victoire a plusieurs raisons, à commencer sans doute par l’assez bon bilan du maire sortant Bertrand Delanoë, et de son équipe, même si beaucoup s’accordent à dire que Paris s’est davantage transformée entre 2001 et 2008, lorsque le poids des écologistes était plus important, qu’entre 2008 et 2014, où la ville se serait quelque peu « endormie ». Rappelons ici que c’est entre 2001 et 2008 qu’ont été lancés Vélib’, le tramway, le plan climat, la nuit blanche…Les résultats de 2014, qui ont à nouveau renforcé les écologistes au sein de la nouvelle majorité sont donc prometteurs. Face à cette coalition rose-verte, la candidature de Nathalie Kosciusko-Morizet était trop peu sincère et trop faiblement enracinée pour pouvoir l’emporter.

On peut aussi évidemment regarder du côté des facteurs sociologiques pour expliquer cette victoire de la gauche et des écologistes. Beaucoup a déjà été écrit sur les évolutions récentes de la population parisienne, constituée par une part croissante de catégories sociales à haut niveau de diplôme, sensibles aux thématiques culturelles et sociétales portées par les socialistes et les écologistes. À Paris, les classes populaires votent aussi davantage à gauche qu’à droite, comme le montre la très intéressante série de cartes publiée par le site slate.

Pour autant, à Paris comme ailleurs, les catégories populaires sont aussi celles qui s’abstiennent le plus, comme le montre la carte ci-dessous (en foncé, les zones de forte abstention).

Carte de l’abstention au 1er tour

abstention premier tour à Paris

On constate que cette carte recoupe en bonne partie celle de la précarité à Paris, quelques exceptions mises à part (notamment du côté du 16ème arrondissement…). Dans le 14ème, on voit que l’abstention est la plus élevée dans les quartiers sud et sud ouest, le long d’un axe qui va de la porte d’Orléans à la porte de Vanves.

  • Une exigence pour les six ans à venir : une écologie pour toutes et tous

C’est donc bien conscient des enjeux liés à l’abstention que les écologistes doivent agir. Celle-ci a diverses causes, mais elle est généralement liée au rejet d’un système politique accusé de ne pas mettre en oeuvre de véritables solutions pour améliorer le quotidien. Même si Paris est globalement plus épargnée que d’autres territoires par la crise économique, certains quartiers parisiens sont durement touchés par le chômage et la précarité. C’est pourquoi il est important de rappeler ici que l’écologie, ce doit être pour tout le monde. Je sais que tous les élus écologistes auront à coeur de le prouver, et je crois pouvoir dire que nous avons trouvé en Anne Hidalgo et les socialistes parisiens des partenaires avec lesquels nous avons certes des désaccords, mais qui, contrairement aux choix faits au niveau national par le nouveau gouvernement de Manuel Valls, souhaitent mener une politique de soutien aux ménages les moins favorisés. J’aurais d’ailleurs aimé voir le parti de gauche se joindre à cette majorité au sein de laquelle il avait sa place. Nous avons des convergences avec lui, et aurions pu nouer des alliances sur certains sujets sociaux comme ceux liés au logement par exemple, mais le choix dommageable de Jean-Luc Mélenchon de nationaliser les enjeux d’un scrutin local a rendu impossible cette majorité élargie.

En avant pour six ans donc! En ce qui me concerne, je suis très heureux d’être au service des habitantes et habitants du 14ème, et de pouvoir approfondir plus particulièrement les questions de développement durable et d’économie sociale et solidaire. Ce sont des sujets importants, dont je reparlerai très vite sur ce blog.

 

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